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Mercredi, semaine 13

Mt 8, 28-34

Tu ne nous intéresses pas.

Jésus a éveillé des sympathies, mais il a eu beaucoup d'adversaires. Cette fois, personne ne veut de lui. Matthieu ne nous parle même pas de la guérison des deux possédés. Tout le monde a peur de Jésus. C'est l'évangile du «Va-t'en! »

«Que nous veux-tu? », lui crient les démons.

«Quitte notre pays», disent les gens de l'endroit.

Peut-être sommes-nous entrés dans l'âge du refus de Jésus sous des formes non violentes mais terribles: tu ne nous intéresses pas. Ou bien: tu ne nous intéresses pas plus que Bouddha.

Et ces jeunes qui vont applaudir Jean-Paul II? Ces adultes qui demandent le baptême? Ces mouvements admirables comme le MEJ?

C'est vrai, il y a des signes encourageants. Mais l'erreur serait de se replier sur des îlots en oubliant l'océan du désintérêt. Plus que jamais, le problème, c'est de chercher le contact. Ne pas se couper de quel-qu'un pour une question de doctrine ni même de morale.

L'énorme enjeu, c'est de donner envie de connaître Jésus Christ par notre bonheur et notre attention fraternelle, les deux seuls sermons qu'on accepte maintenant.

Dans un hôpital l'aumônier propose à un jeune malade de lui lire quelques pages d'Évangile. Refus: «Ça ne m'intéresse pas. » L'aumônier revient plusieurs fois. Très lentement une amitié naît. Un jour, le malade dit: «Si c'est ce bouquin qui te rend comme tu es, passe-le-moi. »

 

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