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Samedi, semaine 13

Mt 9, 14-17

Rester une outre neuve.

Quand devient-on une outre vieille? Il y a évidemment le problème de l'âge. Presque inconsciemment on devient conservateur, craintif et critique devant la nouveauté. Nous devons tous prendre en compte cette sorte de fatalité pour pouvoir réagir à temps.

Mais la question de la vieille outre dépasse celle de l'âge. Elle est plus généralement un problème de t9mpérament qui se trahit par deux slogans: l'homme ne change pas, l'Evangile ne doit pas changer.

Dire que l'homme ne change pas est en grande partie exact. Il suffit de relire La Bruyère, La Fontaine et Molière. Mais ces aspects immuables ne doivent pas voiler des évolutions qui nous transforment en vieilles outres si nous n'y prenons garde. Le grand principe pédagogique restera toujours vrai: pour apprendre quelque chose à John, il faut connaître John. Pour présenter l'Evangile aujourd'hui, il faut savoir à qui on va redire les paraboles ou le mystère pascal.

En ne pensant pas trop vite: ça au moins ça ne change pas. Les catéchistes ne cessent d'affirmer: « Ce langage ne passe plus. » Et même:

« Cette doctrine ne passe plus. » Qu'on songe par exemple au péché originel, à l'enseignement sur l'enfer et le paradis, aux anciennes présentations de la Rédemption.

L'outre vieille se cramponne. Le véritable disciple du Christ s'émerveille devant la puissance de renouvellement de l'Évangile, capable de fasciner les jeunes d'aujourd'hui à condition de changer le langage. Et de voir comment la parole du Christ peut éclairer notre vision du sida, de la procréation assistée ou de l'émergence des peuples de l'Asie.

L'Évangile sera toujours un vin nouveau, à nous d'être toujours des outres neuves.

 

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