307

Samedi, semaine 19

Mt 19, 13-15

« Vous avez un Père ! »

Jésus est toujours prêt à défendre les petits. Mais ici il va plus loin: il nous demande de ressembler à des enfants. Appel à l'enfantillage? Sûrement pas. Il s'agit toujours de ressembler à Jésus. Qu'y a-t-il dans un tout-petit qui nous fasse ressembler à Jésus?

On parle de simplicité, de spontanéité, d'ouverture à la joie et à l'admiration. («Regardez les lis des champs!»). C'est vrai, mais je pense que ce qui enchante le plus Jésus dans les rires des enfants, c'est leur absence de souci. Il a horreur de tous ces adultes qui jouent la gravité, l'importance et la préoccupation: mais enfin, vous avez un Père!

Nous ne comprendrons jamais Jésus, nous n'arriverons pas à lui ressembler tant que nous n'aurons pas été impressionnés par sa confiance envers son Père. Une confiance libératrice de ces soucis qu'il nous pousse à rejeter.

«Ne vous inquiétez pas en disant: qu'allons-nous manger? Qu'allons-nous boire? Comment allons-nous nous vêtir? Tout cela, les païens le recherchent sans répit. Il sait bien, votre Père céleste, que vous avez besoin de toutes ces choses. Cherchez d'abord le Royaume et la justice de Dieu, et tout cela vous sera donné par surcroît. Ne vous inquiétez donc pas pour le lendemain. A chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 25-34).

Cette charte de l'anti-souci exige une confiance d'enfant très difficile à l'âge adulte. Une barrière de prudence et de méfiance se dresse devant l'élan de confiance irraisonnée qui maintenait l'enfant dans les rires.

Faut-il donc pratiquer une confiance irraisonnée? Non, mais la raison ici, c'est la foi: vous avez un Père! Essayons de multiplier les expériences où on se jette dans la confiance comme un parachutiste dans le vide. Mais tant qu'on n'a pas essayé...

 

307