939

ACTES DU CONCILE VATICAN II:

L'Église dans le monde de ce temps.

Les questions les plus profondes de l'homme.

Le monde actuel apparaît à la fois comme puissant et faible, capable du meilleur et du pire; le chemin qui s'ouvre devant lui est celui de la liberté ou de la servitude, du progrès ou de la régression, de la fraternité ou de la haine. En outre, l'homme découvre qu'il lui appartient de bien diriger les forces qu'il a mises en mouvement et qui peuvent l'écraser ou le servir. C'est pourquoi il s'interroge.

En vérité, les déséquilibres dont souffre le monde actuel sont liés à un déséquilibre plus fondamental, qui a sa racine dans le coeur même de l'homme. C'est en l'homme lui-même, en effet, que de nombreux éléments se combattent. D'une part, comme créature, il lit l'expérience de ses multiples limites; d'autre part, il se sent illimité dans ses désirs et appelé à une vie supérieure, sollicité par tant d'appels, il est sans cesse contraint de choisir entre eux et d'en abandonner quelques-uns. En autre, faible et pécheur, il accomplit souvent ce qu'il ne veut pas et n'accomplit point ce qu'il voudrait. C'est donc en lui-même qu'il souffre division, et c'est de là que naissent au sein de la société des discordes si nombreuses et si profondes.

Certes, beaucoup d'hommes, dont la vie est imprégnée de matérialisme pratique, sont détournés par là d'une claire conception de cette situation dramatique; ou bien, accablés par la misère, ils sont dans l'impossibilité d'y prêter attention. Un grand nombre d'entre eux pensent trouver leur tranquillité dans les multiples explications du monde qui leur sont proposées. Certains attendent du seul resort de l'homme la libération véritable et complète du genre humain; ils se persuadent que le règne futur de l'hmme sur la terre comblera tous les voeux de son coeur. Beaucoup, désespérant du sens de la vie, exaltent les cieux qui, jugeant l'existence humaine dénuée par même de toute signification, tentent de lui donner, par leur seule inspiration, tout son sens.

Néanmoins, il y en a de plus en plus qui, devant l'évolution présente du monde, se posent les questions les plus fondamentales ou les perçoivent avec une acuité nouvelle: Qu'est-ce que l'homme? Que signifient la souffrance, le mal, la mort, qui subsistent malgré tant de progrès? A quoi bon ces victoires payées d'un si grand prix? Qu'est-ce que l'homme peut apporter à la société? Que peut-il attendre d'elle? Qu'arrivera-t-il après cette vie terrestre?

L'Eglise, quant à elle, croit que par son Esprit le Christ, mort et ressuscité pour tous, offre à l'homme lumière et forces pour lui permettre de répondre à sa très haute vocation. Elle croit qu'il n'est pas sous le ciel d'autre nom donné aux hommes par lequel ils doivent être sauvés. Elle croit aussi que l'on trouve la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine en son Maître et Seigneur. Elle affirme en outre qu à travers tous les changements bien des choses demeurent qui ont leur fondement ultime dans le Christ, le même hier, aujourd'hui et à jamais.

Cortèges de mort en marche vers le néant, nos pas ont croise ceux du Fils de l'Homme. Cortège de fête en marche vers la lumière, nos pas ont suivi le Seigneur des vivants.

Jésus, tu es la parole de vie éternelle. Face à la mort qui sépare et détruit, voici ta vie qui rassemble et bâtit. Face au destin qui surprend et opprime, voici l'offrande libre de toi-même.

 

939