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HYMNES

Sois fort, sois fidèle.

Sois fort, sois fidèle, Israël, Dieu te mène au désert;

C'est lui dont le bras souverain ouvrit dans la mer un chemin sous tes pas. 

Oublie les soutiens du passé, en lui seul ton appui!

C'est lui comme un feu dévorant qui veut aujourd'hui ce creuset pour ta foi.

Il veut, par delà le désert, te conduire au repos;

Sur toi resplendit à ses yeux le sang de l'Agneau immolé dans la nuit.

Poursuis ton exode, Israël, marche encore vers ta joie!

La vie jaillira de la mort, Dieu passe avec toi et t'arrache à la nuit. 

Point de prodigue.

Point de prodigue sans pardon qui le cherche, nul n'est trop loin pour Dieu;

Viennent les larmes où le Fils renaît, joie du retour au Père!

Point de blessure que sa main ne guérisse, rien n'est perdu pour Dieu;

Vienne la grâce où la vie reprend, flamme jaillie des cendres!

Point de ténèbres sans espoir de lumière, rien n'est fini pour Dieu;

Vienne l'aurore où l'amour surgit, chant d'un matin de Pâques!

Puisque Dieu nous a aimés.

Puisque Dieu nous a aimés, jusqu'à nous donner son Fils,

Ni la mort, ni le péché ne sauraient nous arracher à l'Amour qui vient de Lui!

Depuis l'heure où le péché s'empara du genre humain,

Dieu rêvait de dépêcher en ami sur nos chemins le Seigneur Jésus, son Fils!

Puisque Dieu nous a choisis comme Peuple de sa Paix,

Comment voir un ennemi dans quelque homme désormais

Pour lequel Jésus est mort!

Que Dieu rende vigilants ceux qui chantent le Seigneur:

Qu'ils ne soient en même temps les complices du malheur

Où leurs frères sont tenus!

Dieu au-delà de tout créé.

Dieu au-delà de tout créé, nous ne pouvions que t'appeler l'Inconnaissable!

Béni sois-tu pour l'autre voix qui sait ton Nom, qui vient de toi

Et donne à notre humanité de rendre grâce!

Toi que nul homme n'a pu voir, nous te voyons prendre ta part

De nos souffrances.

Béni sois-tu d'avoir montré sur le Visage bien-aimé du Christ offert à nos regards

Ta gloire immense!

Toi que nul homme n'entendit, nous t'écoutons, Parole enfouie

Là où nous sommes!

Béni sois-tu d'avoir semé dans l'univers à consacrer des mots qui parlent aujourd'hui et nous façonnent!

Toi que nul homme n'a touché, nous t'avons pris: l'Arbre est dressé en pleine terre!

Béni sois-tu d'avoir remis entre les mains des plus petits ce Corps où rien ne peut cacher Ton coeur de Père!

En quels pays.

En quels pays de solitude, quarante jours, quarante nuits,

Irez-vous, poussés par l'Esprit?

Qu'il vous éprouve et vous dénude! Voyez: les temps sont accomplis

Et Dieu vous convoque à l'oubli de ce qui fut vos servitudes.

Sur quels sommets d'incandescence entendrez-vous le Bien-Aimé

Vous parlant depuis la nuée? Qu'il vous prépare à ses souffrances!

Suivez Jésus transfiguré: Demain, il sera crucifié en signature d'Alliance.

Ne forez plus vos puits d'eau morte: Vous savez bien le don de Dieu

Et quelle est sa grâce, et son jeu: Il vous immerge, il vous rénove!

La vie s'élève peu à peu, les champs sont dorés sous vos yeux:

Embauchez-vous où Dieu moissonne!

Pourquoi rester sur vos ornières, bâtissant vos fronts d'aveugles-nés?

Vous avez été baptisés! L'amour de Dieu fait tout renaître.

Croyez Jésus: c'est l'Envoyé. Vos corps à son corps sont branchés:

Prenez à lui d'être lumière.

Déjà vos tombes se descellent sous la poussée du Dieu vivant.

Regardez: Jésus y descend! Appelez-le: Il vous appelle.

Venez dehors! C'est maintenant le jour où la chair et le sang

Sont travaillés de vie nouvelle!

Seigneur, quand ton peuple assoiffé.

Seigneur, quand ton peuple assoiffé criait sa souffrance à Moïse,

Tu ouvris pour lui le rocher et soudain jaillit l'eau qui donne la vie

Aux pèlerins de la terre promise.

Jésus, ta parole est pour nous la source de vie éternelle:

Tu nous dis que Dieu est Amour et tu nous promets la lumière et la paix,

Si nous croyons en ce Dieu qui nous aime.

Plongés avec toi dans le bain quand nous descendons au baptême,

Nous cherchons en toi le soutien et nous sommes sûrs de trouver le salut,

Car tu es Fils de ce Dieu qui nous aime.

Sortis avec toi du tombeau quand nous remontons du baptême,

Nous vivons pour Dieu de nouveau et le jour viendra,

Où ton peuple verra les cieux nouveaux et la terre nouvelle.

Dites-nous d'ou souffle le vent.

Dites-nous d'où souffle le vent et quel signe s'annonce,

car nous cherchons le Dieu vivant pour lui faire réponse.

Nous savons qu'il descend ici et qu'il tient table ouverte

au plus intime de la nuit: que l'ombre ne vous déconcerte!

N'est-il pas le soleil levant qui la disperse et qui délivre?

Dieu, notre Dieu, s'est fait mendiant et demande à nous vivre.

Venez au jour.

Venez au jour! Le Christ prépare son retour! Le Christ prévient l'ère nuptiale!

Passent les temps! Passe la chair! L'Esprit de Dieu souffle au désert,

Annonçant l'aurore pascale!

Dépouillez-vous! Quand vous mourrez, vous perdrez tout!

Suivez votre exode à l'avance! Tombe la mort! Tombe le soir!

N'attendez pas qu'il soit trop tard pour que Dieu vous donne naissance.

Ne craignez pas de vous défaire, il recréera ce que vous cédez de vous-mêmes;

Fermez les yeux! Baissez vos fronts! Venez mendier sa création

Au fond des ténèbres humaines.

Ne glissez plus sur votre pente à l'inconnu, car ici commence un autre âge;

Retournez-vous! Apprenez Dieu! Il a promis son règne à ceux

Qui emprunteront ses passages!

Le jour viendra, où le désert refleurira et l'ombre rendra la lumière!

Traversez-les! Dès maintenant, allez chercher au testament

Ce qui n'est pas né de la terre!

Dans le désert, je cherche ta face.

Dans le désert, je cherche ta face, dans le désert, ton pain me nourrit.

Je ne crains pas d'avancer sur ta trace. C'est pour ma soif que ton eau vive jaillit.

Promis à toi dans la justice, promis à toi dans l'amour, dans la fidélité,

Comme je suis connu, je connaîtrai!

Dans le désert

Dans le désert, le souvenir de Dieu caché, Tu veux parler à mon coeur.

J'entends ta Parole, loin de la rumeur, ta Loi me console.

Dans le désert, j'aspire ton souffle, dans le désert, habite l'Esprit.

Il est la force, au matin, qui me pousse. Il est le feu qui me précède la nuit.

Peuple de Dieu, n'aie pas de honte.

Peuple de Dieu, n'aie pas de honte, montre ton signe à ce temps-ci!

En traversant l'âge du monde, cherche ton souffle dans l'Esprit;

Lève ton hymne à sa puissance, tourne à sa grâce ton penchant:

Pour qu'il habite tes louanges et soit visible en ses enfants. 

Tiens son amour, tiens son épreuve; C'est dans la joie qu'il te confie toute la charge de son oeuvre pour qu'elle chante par ta voix:

Ne te replie pas sur toi-même comme si Dieu faisait ainsi!

C'est quand tu aimes que Dieu t'aime, ouvre ton coeur, fais comme lui.

Va, puise dans ton héritage et, sans compter, partage-le;

Gagne l'épreuve de cet âge, porte partout le nom de Dieu!

Qu'il te rudoie, qu'il te réveille: Tu es son corps, dans son Esprit!

Peuple d'un Dieu qui fait merveille, sois sa merveille d'aujourd'hui.

Du côté de la nuit, qui appelle?

Du côté de la nuit, qui appelle? J'entends: c'est la voix du Seigneur.

Du côté de ma mort, qui m'appelle? Quoi? Ce n'est pas encore ton heure!

C'est son Jour que sans cesse il prépare sa voix l'annonce: est-il en vue?

Elle frappe à notre mémoire... Comme si nous l'avions connu!

Elle nous invite au carême! La Pâque est au bout de ce temps.

Le Seigneur nous précède en nous-mêmes! Notre avenir est au-dedans!

Que passe la charrue.

Que passe la charrue sur nos landes rebelles, sur nos terres en friche!

La Parole ira s'y planter, Promesse pour le pauvre, et pauvreté offerte au riche.

Au feu tout le bois mort, que la flamme s'étende aux chardons, aux épines!

Et leurs cendres pourront servir à féconder la terre, où la Parole prend racine. 

Que tombe sur nos sols de poussière et de roche une pluie généreuse!

On verra les feuilles pointer et les bourgeons éclore de la Parole qui nous creuse.

Advienne le soleil et vers lui que s'élance la poussée de la sève!

La Parole nourrit son fruit d'amour et de justice dans la louange qui l'achève.

Ne descends pas dans le jardin.

Ne descends pas dans le jardin, oh! Jésus,

Ne descends pas dans le jardin avant le jour!

Si je ne descends pas dans le jardin

En pleine nuit, qui donc vous mènera vers les soleils du Paradis?

Je descendrai dans le jardin en pleine nuit.

Ne laisse pas lier tes mains, oh! Jésus,

Ne laisse pas lier tes mains sans dire un mot!

Si je ne laisse pas lier mes mains comme un voleur,

Qui donc pourra détruire les prisons, dont vous souffrez?

Je laisserai lier mes mains comme un voleur.

Ne t'étends pas sur cette croix, oh! Jésus,

Ne t'étends pas sur cette croix jusqu'à mourir!

Si je ne m'étends pas sur cette croix comme un oiseau,

Qui donc vous gardera contre l'Enfer, où vous alliez?

Je m'étendrai sur cette croix comme un oiseau.

Ne laisse pas percer ton coeur, oh! Jésus,

Ne laisse pas percer ton coeur par tes bourreaux!

Si je ne laisse pas percer mon coeur comme un fruit mûr,

Qui donc vous baignera de sang et d'eau pour vous guérir?

Je laisserai percer mon coeur comme un fruit mûr. 

Ne descends pas dans le tombeau, oh! Jésus,

Ne descends pas dans le tombeau, qu'ils ont creusé!

Si je ne descends pas dans le tombeau comme un froment,

Qui donc fera lever de vos cercueils vos corps sans vie?

Je descendrai dans le tombeau pour y dormir.

Christ est allé dans le jardin, Alléluia. Christ a laissé lier ses mains, Alléluia.

Christ a voulu souffrir la croix, Alléluia. Christ a laissé percer son coeur, Alléluia.

Christ a dormi dans le tombeau, Alléluia.

Quel est cet amoureux.

Quel est cet amoureux de la terre et de nous?

Il donne un nom aux choses, Il dit celui de Dieu,

Il tient son nom du nôtre... Qui donc est l'homme-Dieu?

Quel est cet amoureux sur la colline aux pains,

Au lac des trois tempêtes, au mont du clair de Dieu,

Au champ des grains froissés, qui donc est l'homme-Dieu?

Quel est cet amoureux au chemin des rameaux,

Au bois des pleurs de sang, au jardin du baiser,

Au val du Prince-Nuit, qui donc est l'homme-Dieu?

Quel est cet amoureux de la cour du Vendredi Saint,

Place du « Voici l'homme », Rue de la croix portée,

Montée du crève-coeur, qui donc est l'homme-Dieu?

Quel est cet amoureux au lieu-dit: Diable est mort,

Sur la grève aux poissons, dans l'auberge pascale,

Au rendez-vous du ciel, qui donc est l'homme-Dieu?

Quel est cet amoureux de la terre et de nous?

Il donne un nom aux choses, Il dit celui de Dieu,

Il tient son nom du nôtre... Il est le fou de Dieu.

HYMNE - RAMEAUX

Voici que s'ouvrent pour le Roi les portes de la Ville:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi fermerez-vous sur moi la pierre du tombeau, dans le jardin?

Dieu sauveur, oublie notre péché Mais souviens-toi de ton amour Quand tu viendras dans ton Royaume. Je viens, monté sur un ânon, en signe de ma gloire:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi me ferez-vous sortir au rang des malfaiteurs, et des maudits?

Vos rues se drapent de manteaux jetés sur mon passage:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi souillerez-vous mon corps de pourpre et de crachats, mon corps livré?

Vos mains me tendent les rameaux pour l'heure du triomphe:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi blesserez-vous mon front de ronce et de roseaux, cri vous moquant?

HYMNE

Voici que s'ouvrent pour le Roi les portes de la Ville; Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi fermerez-vous sur moi la pierre du tombeau dans le jardin?

Dieu Sauveur, oublie notre péché, Mais souviens-toi de ton amour Quand tu viendras dans ton Royaume.

Les sourds entendent les muets bénir le Fils de l'homme:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi hurlerez-vous si fort:

« A mort! Crucifie-le, Crucifie-le » ?

Je vois que dansent les boiteux le long de mon cortège:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi vouloir percer de clous les mains qui ont pitié, pitié de vous?

Vos yeux guéris d'aveugles-nés contemplent ma victoire:

Hosanna! Béni sois-tu, Seigneur! Pourquoi m'ouvrirez-vous le coeur sur l'arbre de la croix, comme un agneau?

La foule accourue pour la fête criait de joie: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux!

Avec la multitude des anges et des enfants, nous acclamons le vainqueur de la mort: Hosanna au plus haut des cieux!

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! Gloire et paix au plus haut des cieux!

Mystère du Calvaire.

Mystère du Calvaire, scandale de la Croix:

Le Maître de la terre, esclave sur ce bois!

Victime dérisoire, Toi seul es le Sauveur,

Toi seul, le roi de gloire, au rang des malfaiteurs.

Tu sais combien les hommes ignorent ce qu'ils font;

Tu n'as jugé personne, Tu donnes ton pardon;

Partout des pauvres pleurent, partout on fait souffrir,

Pitié pour ceux qui meurent et ceux qui font mourir. 

Afin que vienne l'Heure promise à toute chair,

Seigneur, ta Croix demeure dressée sur l'univers;

Sommet de notre terre, où meurt la mort vaincue,

Où Dieu se montre Père en nous donnant Jésus.

Quand le fouet a déchiré.

Quand le fouet a déchiré l'homme-Dieu,

Quand on a frappé l'amour innocent,

On attendait ce jour-là, que les pierres crient.

Mais les pierres se sont tues, la colère s'est perdu dans l'oubli. 

Quand l'épine a couronné l'homme-Dieu,

Quand on a montré l'amour enchaîné,

On attendait ce jour-là, que les pierres crient.

Mais les pierres se sont tues.

Quand on a cloué au bois l'homme-Dieu,

'Quand on a dressé l'amour sur la croix,

On attendait ce jour-là, que s'ouvre le ciel.

Le ciel n'a pas répondu, la prière s'est perdue dans la nuit.

Quand on a percé au flanc l'homme-Dieu,

Quand on a jeté l'amour au tombeau,

On attendait ce jour-là, que s'ouvre le ciel.

Le ciel n'a pas répondu...

Bois tout en feu.

Bois tout en feu, buisson ardent où rien n'est cendres,

Croix où le Fils se laisse pendre quand vient le temps,

Dieu parle en toi, et tu portes le prix de la rançon;

De son Amour tu nous donnes la mesure,

montrant le corps et la blessure, où il nous dit quel est son nom!

Quand il viendra juger le monde, que le Seigneur nous soit pitié!

Bois où l'Enfer est englouti dans sa victoire,

Croix qui redresses plein de gloire le Fils maudit,

Arbre de vie qui détruis le poison du fruit mauvais;

Ton Sang divin fait mûrir sur le Calvaire le Fruit voulu par notre Père,

que nous cueillons pour notre Paix.

Bois où chacun peut regarder dans sa détresse

Le Fils que Dieu, plein de tendresse, nous a livré

Pour le pardon tu attires vers toi tout l'univers

De tout péché tu guéris et tu délivres,

Rameau vivant qui fais revivre celui qui voit le coeur ouvert. 

Bois merveilleux orné du sang qui nous protège,

Croix où l'Agneau a pris au piège le lion méchant,

Tu t'es levé comme un signe de paix pour les pécheurs;

Au sein des eaux tu détruis notre esclavage

En nous ouvrant le seul passage vers les secrets du Dieu Sauveur.

Bois où se meurt le Premier-né dans les épines,

Croix où le prêtre est fait victime pour nos péchés,

Tu es la pierre où repose le front du Bien-Aimé:

Sur ton autel s'accomplit le sacerdoce

Quand retentit le chant des noces, où les nations lui sont données. 

Bois où la femme est rachetée des fautes d'Ève.

Croix où Marie se livre au glaive, le coeur broyé,

Tes bras voleurs lui arrachent l'enfant né de son corps;

Et, Vierge Mère, elle enfante à la vraie vie

Les fils que Dieu, dans sa folie, sauve en souffrant jusqu'à la mort.

Tu les sauvais.

Tu les sauvais, mais ils ne t'ont pas vu, qu'était pour eux le fils du charpentier?

Sur la colline ils t'ont abandonné, toi, Dieu vivant, qu'ils n'ont pas reconnu.

Ils n'ont su voir qu'un homme rejeté, ils ont moqué le faux prophète mort,

ils ont plongé la lance dans ton corps, ils n'ont pas vu l'espoir qui se levait.

Ils n'ont pas vu le signe sur ta main, la main crispée du Maître et créateur

qui bénissait le monde des pécheurs; ils n'ont pas vu mourir le Saint des saints.

Vienne le jour de toute Vérité ,où nous aurons enfin les yeux ouverts

sur cette grâce et cet amour offerts. Vienne le jour du Christ en majesté!

Tous les chemins de Dieu vivant.

Tous les chemins de Dieu vivant mènent à Pâques,

Tous ceux de l'homme à son impasse:

Ne manquez pas au croisement l'auberge avec sa table basse,

Car le Seigneur vous y attend.

N'attendez pas que votre chair soit déjà morte, n'hésitez pas, ouvrez la porte;

Demandez Dieu, c'est lui qui sert, demandez tout, il vous l'apporte:

Il est le vivre et le couvert.

Mangez ici à votre faim, buvez de même à votre soif, la coupe est pleine;

Ne courez pas sur des chemins allant à Dieu sans que Dieu vienne:

Soyez des hommes de demain.

L'étendard du Roi est levé; la Croix rayonne en son mystère,

dans sa chair, notre créateur a été cloué sur le bois.

C'est là que la vie fut blessée par le fer cruel de la lance

et que, pour laver nos péchés, il en jaillit l'eau et le Sang.

Arbre précieux, arbre sanglant, orné de la pourpre du Roi;

ton bout choisi a mérité de toucher des membres si saints. 

Bienheureux arbre, sur tes branches fut pendue la rançon du monde,

et tes bras ont pesé le corps, qui ravit à l'enfer sa proie.

Salut, autel, salut, victime de la glorieuse passion,

où la vie a souffert la mort et par Sa mort nous rend la vie.

Salut, ô Croix, seule espérance! Durant ce temps de la Passion,

aux justes donne plus de grâces, aux pécheurs donne le pardon.

Trinité, Source de salut, que notre esprit te glorifie!

A la victoire par la croix donne nous aussi la récompense.

 Partage

Partage ton pain avec l'affamé, voilà le jeûne qui plaît à Dieu.

Ouvre ton coeur au pauvre: c'est ton frère.

Et si tu cries, le Seigneur répondra; à tes appels, il dira: Me voici!

Ouvre ton coeur au pauvre: c'est ton frère.

Et quand le Fils de l'homme viendra, il te dira:

J'avais faim et tu m'as donné à manger.

Litanies du Christ souffrant. (Saint GREGOIRE le Grand)

Il reçut des soufflets sans nombre de la part de ses insulteurs.

Lui qui chaque jour arrache de la main du vieil ennemi les âmes captives.

Il ne détourna point son visage des crachats de la perfidie,

Lui qui lave les âmes dans l'eau salutaire.

Il accepta sans mot dire la flagellation,

Lui qui par son intercession nous délivre des supplices sans fin.

Il endura les mauvais traitements,

Lui qui veut bien nous faire participer parmi

les choeurs des anges, à la gloire éternelle.

Il ne se refusa point au couronnement d'épines,

Lui qui nous sauve des blessures du péché.

Il accepta dans sa soif l'amertume du fiel,

Lui qui se prépare à nous enivrer d'éternelles délices.

Il a gardé le silence sous l'outrage de l'adoration dérisoire des bourreaux,

Lui qui a pour nous supplié son Père, bien qu'il fût son égal par la divinité.

Il en est venu à subir la mort, Lui qui était la Vie,

Et qui était venu l'apporter aux morts.

PRIÈRE 

Comme des voyageurs égarés dans un désert brûlant et sans eau,

Nous crions vers toi, Seigneur.

Comme des naufragés sur une côte stérile, nous crions vers toi, Seigneur.

Comme le père â qui on ravit le morceau de pain qu'il portait à ses enfants affamés, nous crions vers toi, Seigneur.

Comme le prisonnier que le puissant injuste a jeté dans un cachot humide et ténébreux, nous crions vers toi, Seigneur.

Comme l'esclave déchiré par le fouet du maître, nous crions vers toi, Seigneur.

Comme l'innocent qu'on mène au supplice, nous crions vers toi, Seigneur.

Comme toutes les nations de la terre, avant qu'eût lui l'aurore de la délivrance, Nous crions vers toi, Seigneur.

Comme le Christ sur la Croix, lorsqu'il dit « Mon Père, mon Père pourquoi m'avez-vous délaissé? »Nous crions vers toi, Seigneur!

PRIÈRE

Tu es tout autre que nous le pensons, Seigneur, tu nous l'as montré en Jésus Christ.

Lui, ton Fils, lumière de ta lumière, il a cheminé avec nous en toute humilité,

comme n' importe qui -et c'est de cette manière que tu nous as sauvés.

Nous te remercions d'être venu, en cet homme, d'être si proche de nous,

aujourd'hui et tous les jours.

 PRIÈRE

Seigneur Jésus, nous ne savons pas attendre.

Nous voulons des signes, des preuves. Tout de suite.

Le doute nous harcèle... Où es-tu, Seigneur? Où te chercher?

Tu nous révèles que le désert est le lieu de la solitude et de la rencontre... Donne-nous de faire cette expérience dans la sérénité. Apprends-nous à nous recueillir en toi pour mieux accueillir nos frères, toi qui vis parfaitement dans la communion du Père et de l'Esprit pour les siècles des siècles.

PRIÈRE

Pitié pour moi, Seigneur, guéris-moi, car j'ai péché contre toi.

Oui, je reconnais tous mes torts, j'ai toujours mon péché devant moi.

Le sacrifice qui te plaît, c'est un esprit brisé, tu n'as point d'aversion pour un coeur broyé.

Jésus, tu es grand prêtre des biens à venir

Entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, tu nous libères pour toujours.

Comme une victime sans tache, Tu t'es offert toi-même à Dieu.

Un seul Dieu!

Un seul médiateur entre Dieu et les hommes: Jésus le Christ

Il est médiateur de l'Alliance nouvelle. L'ancienne alliance a disparu.

Par son propre sang, il nous a sanctifiés et réconciliés avec Dieu.

Vivons dans la charité, au service les uns des autres!

Toute la loi s'accomplit en cette parole unique

Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Je vous donne un commandement nouveau:

Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés.

Dieu nous a tant aimes: nous aussi, aimons-nous les uns les autres.

Aimer son prochain comme soi-même vaut mieux que tous les sacrifices.

Agir avec amour, c'est présenter une oblation,

fuir l'injustice, c'est offrir un sacrifice.

Seigneur Jésus, crucifié en raison de ta faiblesse,

tu es vivant par la puissance de Dieu.

Nous aussi, nous sommes faibles dans le Christ,

mais nous vivrons avec lui, de par Dieu.

Voyez si vous êtes dans la foi, mettez-vous à l'épreuve:

ne reconnaissez-vous pas la vie du Christ en vous?

 Quand tu ouvres à chacun la fontaine de grâce où l'homme est purifié,

l'étranger viendra-t-il seul reconnaître l'amour et te donner sa foi?

Nous venons, Seigneur Jésus, te rendre gloire.

Tu as partagé nos douleurs et pris sur toi le mal du monde.

Tu as versé ton sang pour la foule des hommes; tu nous as libérés.

Tu as ouvert à tout croyant les portes du Royaume.

 PAROLE DE DIEU

Parce qu'il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés. C'est pourquoi je lui donnerai la multitude en partage, les puissants seront la part qu'il recevra...

 Le Christ nous a aimés et s'est livré pour nous.

D'un amour éternel, tu m'as aimé.

Par des liens de douceur, tu nous as tirés à toi.

Tu ne donnes pas libre cours à ta colère, car tu es Dieu fait homme.

Tu pardonnes nos fautes pour la gloire de ton Nom.

Au milieu de nous, tu es le Saint.  

Il n'avait ni beauté, ni éclat.

Par ses souffrances, nous sommes guéris.

Il était méprisé, abandonné.C'était nos souffrances qu'il portait.

Gloire à toi, Sauveur des humbles: tu nous élèves en ta victoire.

Jésus se dépouilla lui-même prenant la condition d'esclave,

il se rendit semblable aux hommes.

A son aspect, reconnu pour un homme, il s'abaissa, en se faisant obéissant

jusqu'à la mort, et la mort de la croix.

C'est pourquoi Dieu l'a élevé et lui a donné le Nom qui l'emporte sur tout nom.

Le juste par la foi vivra!

Approchons-nous de Dieu avec un coeur droit et dans la plénitude de la foi.

Ne soyons pas des hommes à faire défection,

mais des hommes de foi pour le salut de nos âmes.

Qui persévère jusqu'à la fin, celui-là sera sauvé.  

Ta mort,Seigneur Jésus, est vaine aux yeux de chair;

mais, pour celui qui croit, elle est vie éternelle.

Jésus, tu es vainqueur chaque fois que dans l'homme le mal est vaincu par le bien.

« Suivons-le dans sa passion jusqu'à la croix, pour avoir part à sa résurrection et a sa vie. »

Invocation au Christ. (Liturgie maronite)

Nous t'adorons, toi le Très-Haut.

Tu t'es abaissé, et tu nous as élevés, t'es humilié, et tu nous as honorés, t'es fait pauvre, et nous as enrichis.

Tu es né, et tu nous as fait naître, reçus le baptême, et tu nous as purifiés, jeûnas, et tu nous as rassasiés, combattus, et tu nous as donné la force.

Assis sur un âne, tu nous as pris dans ton cortège,

présenté au tribunal, et tu nous as offerts le pardon,

conduit prisonnier chez le grand prêtre, tu nous as libérés,

soumis à l'interrogatoire, tu nous as fait siéger en juges,

tu gardas le silence, et tu nous as instruits,

souffleté comme un esclave, tu nous as affranchis,

dépouillé de tes vêtements, tu nous as revêtus.

attaché à une colonne, tu nous as détaché de nos liens,

crucifié, et tu nous as sauvés;tu as bu le vinaigre,

et tu nous as abreuvés de douceur;

couronné d'épines, et tu nous as faits rois, mis à mort, et tu nous as fait vivre.

mis au tombeau, et tu nous as réveil1és.

Tu ressuscitas dans la gloire, et tu nous as donné la joie,

tu t'es revêtu de gloire, et tu nous as remplis d'admiration.

Tu t'es élevé au ciel, et tu nous y as emportés,

tu y sièges dans la gloire, et tu nous as élevés,

tu nous envoyas l'Esprit Paraclet, et tu nous as sanctifiés.

Sois béni, toi qui viens, tout rayonnant de bonté!

 Stabat Mater.

La Mère était là tout en pleurs au pied de la croix des douleurs,

Quand son Fils agonisa son âme hélas tant gémissante

Tant contristée et tant dolente un glaive la transperça.

Qu'elle fut triste et affligée, la bénie, la prédestinée, la mère du Fils unique!

S'apitoyait, s'adolorait, si fort tremblait quand elle voyait des peines si véridiques.

Quels yeux pourraient garder leurs larmes à voir la Mère de l'Adorable

Sous le poids d'un tel supplice?

Quel homme au monde, sans se contrister,

Pourrait contempler le martyre de la Mère et de son Fils ?

Pour nos péchés, ô race humaine, Elle vit Jésus en grand'géhenne

Très cruellement flagellé.

Elle vit son fils, son fils très doux baisser la tête, mourir pour nous

Et mourir abandonné.

Source d'amour, douloureux coeur, fais que je souffre à ta douleur,

Fais que je pleure avec toi, fais que mon âme soit en feu,

Que je plaise à Jésus mon Dieu, fais que j'adore avec toi.

O Mère très sainte, daigne enfoncer les clous sacrés du Crucifié

En mon coeur très fortement.

Je veux pâtir de ses blessures et je veux que ma chair endure

La moitié de son tourment.

Verser de vraies larmes, ô Mère, avec toi gémir au Calvaire

Jusques à ma dernière heure.

Permets qu'à l'ombre de la croix, debout, côte à côte avec toi,

Je me lamente et je pleure.

Vierge entre toutes claire et insigne,

Oh laisse-moi, coeur très indigne, me lamenter avec toi.

Fais que je meure la mort du Christ, qu'à si grand deuil je me contriste,

Que ses plaies saignent en moi.

Des plaies de Jésus tout blessé, je veux à la Croix m'enivrer

Pour l'amour de ton doux Fils!

Pour tant d'amour daigne me prendre, ô Vierge,

et daigne me défendre à l'heure de la justice!

Que la croix m'enchaîne et me tienne,

Jésus me garde et me soutienne au nom de son agonie.

Fais qu'à mon âme, après la mort,

Advienne, quand mourra mon corps, la Gloire du Paradis!

MOURIR avec le Christ. (Un prêtre)

Les lignes que voici ont été écrites par un prêtre malade au cours d'une nuit sans sommeil qui fut l'une de ses dernières nuits.

Je suis gêné pour respirer.

Je ne pensais pas que ça viendrait si vite.

Sans doute que je n'arriverai plus à dormir aucune nuit.

Jésus, dans la nuit du Jeudi au Vendredi Saint, je te contemple.

Tu sais que ce sera fini pour 15 heures. Tu sais par quoi il te faudra encore passer avant d'arriver à la fin et au but.

Moi, je ne sais ni l'heure ni ce par quoi il me faudra encore passer.

J'ai peur. Et, tout à l'heure, en essayant encore de me rendormir, j'étais dans l'angoisse, et des rêves d'étouffement hantaient mon imagination.

Veux-tu m'aider.

Donne-moi la main.

Permets que je m'unisse aux derniers moments de ta vie, que les derniers moments de mon existence unis aux tiens servent à réparer mes péchés et les péchés de ton Église; qu'ils soient source de salut pour tous mes frères et qu'ils permettent à tous de te mieux connaitre et mieux aimer.

Donne-moi ta paix.

Que l'angoisse et la souffrance n'empêchent pas la joie.

Que ma solitude éclairée par la solitude de ta nuit du Jeudi au Vendredi Saint, soit remplie de ta présence et de ton amour.

 DES CONFESSIONS DE SAINT AUGUSTIN

Notre coeur est sans repos, jusqu'à ce qu'il se repose en toi. 

Tu es grand, Seigneur, et très digne de louange; ta puissance est grande, et ta sagesse, infinie. Pourtant l'homme veut te louer, l'homme qui n'est qu'un fragment de ta création, l'homme qui porte partout avec lui sa mortalité, qui porte avec lui le témoignage de son péché et qui témoigne que tu résistes au superbes. Cependant, fragment quelconque de ta création, l'homme veut te louer. C'est toi qui l'excites à chercher sa joie dans ta louange, parce que tu nous as faits pour toi, et notre coeur est sans repos jusqu'à ce qu'il se repose en toi.

Donne-moi, Seigneur, de savoir et de comprendre si l'on doit d'abord t'invoquer, ou te louer; si l'on doit d'abord te connaître, ou t'invoquer. Mais qui peut t'invoquer sans te connaître? Celui qui t'ignore peut toutefois invoquer autre chose au lieu de toi. Ou plutôt, n'es-tu pas invoqué afin d'être connu? Mais comment invoquer celui en qui l'on ne croit pas? Et comment croira-t-on, s'il n'y a pas de prédication ? Ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent. Ceux qui le cherchent le trouveront, et ceux qui le trouvent le loueront. Que je te cherche, Seigneur, en t'invoquant, et que je t'invoque, en croyant en toi! Car tu nous as été révélé par la prédication. Elle t'invoque, Seigneur, cette foi que tu m'as donnée, cette foi que tu m'as inspirée par l'humanité de ton Fils, par le ministère de ton prédicateur.

Et comment invoquerai-je mon Dieu, mon Dieu et mon Seigneur? Quand je l'invoquerai, je l'appellerai à venir en moi. Mais y a-t-il en moi une place où mon Dieu puisse venir? où Dieu puisse venir en moi, ce Dieu qui a fait le ciel et la terre? Ainsi donc, Seigneur mon Dieu, il y a en moi quelque chose qui puisse te contenir? Est-ce que le ciel et la terre que tu as créés, et dans lesquels tu m'as recréé, peuvent te contenir? Ou bien, parce que rien de ce qui existe n'existerait sans toi, s'ensuit-il que tout ce qui existe te contienne?

Puisque moi-même j'existe, puis-je te demander de venir en moi, moi qui n'existerais pas si tu n'existais pas en moi? Je ne suis pas encore arrivé dans le séjour des morts, et pourtant, tu es là aussi. Car si je descends chez les morts, tu es là. Je n'existerais donc pas, mon Dieu, je n'existerais absolument pas, si tu n'étais pas en moi. Ou plutôt, je n' existerais pas, si je n'étais pas en toi ; toi de qui, par qui et en qui sont toutes choses. C'est bien cela, Seigneur, c'est bien cela. De quel côté crier pour t'appeler, puisque je suis en toi? Et d'où viendrais-tu en moi? Où donc devrais-je me retirer, hors du ciel et de la terre, pour que, de là, vienne jusqu'à moi le Dieu qui a dit: C'est moi qui remplis le ciel et la terre ?

Qui me donnera de me reposer en toi? Qui me donnera que tu viennes dans mon coeur pour l'enivrer, afin que j'oublie mes maux et que je puisse étreindre mon unique bien, qui est toi? Qui es-tu pour moi? Prends pitié de moi, pour que je puisse parler. Que suis-je, moi-même, à tes yeux, pour que tu m'ordonnes de t'aimer et, si je ne le fais pas, que tu sois irrité contre moi et que tu me menaces de terribles misères? Est-ce déjà une faible misère, si je ne t'aime pas? Malheureux que je suis! Dans ta miséricorde, Seigneur mon Dieu, dis-moi ce que tu es pour moi. Dis à mon âme: C'est moi ton salut. Dis-le, que je l'entende. Voici que l'oreille de mon coeur est à l'écoute devant toi, Seigneur: fais qu'elle t'entende, et dis à mon âme: C'est moi ton salut. Je veux accourir vers cette parole et te saisir enfin. Ne détourne pas de moi ton visage. Que je meure, pour ne pas vraiment mourir, mais que je le voie! 

Qui me fera revoir les jours de mon automne, ces jours où Dieu veillait sur moi? Jadis sa lumière me guidait dans les ténèbres. Maintenant il me ferme toute issue; il a barré ma route, obstrué mes sentiers. Quand même je crie et j'appelle, il arrête ma prière. Il m'a emmuré et je ne puis sortir. Vers qui m'enfuir, sinon vers lui?