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Mardi, Pâques II

Jn 3, 7-15

« Comment cela peut-il se faire ? »

Nicodème a compris qu'il s'agit d'une naissance spirituelle, mais cela le laisse toujours si perplexe que Jésus le rabroue assez durement: «Tu es maître en Israël et ce que je te dis n'évoque rien pour toi ? »

Ce spécialiste des Écritures aurait dû se souvenir que la venue du Messie serait caractérisée par une effusion de l'Esprit qui ferait accéder à une vie nouvelle: «J'ôterai leur coeur de pierre et je leur donnerai un coeur de chair. » (Ez, 11, 19).

Jésus ne cite pourtant pas les prophètes. Il commence la difficile ouverture à ce qu'il est lui-même. «Vous ne me croyez pas quand je vous parle des choses de la terre, mais alors, quand je vous parlerai des choses du ciel, comment allez-vous réagir? » Et pourtant tout va dépendre de votre foi en moi. Je suis le seul à pouvoir vous parler du ciel parce que j'en viens.

C'est vers Jésus qu'il faudra désormais regarder. Comme les Hébreux mortellement atteints par les serpents étaient guéris quand ils regardaient avec foi le serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert.

Pour Jean, la crucifixion est une exaltation salvatrice. Il ne suffit pas de contempler la Croix, il faut croire que c'est par cette élévation que nous obtenons la vie de l'Esprit, la vie éternelle. C'est la gloire de la Croix.

Le Messie n'est pas seulement celui qui est descendu du ciel, il est aussi celui qui est monté sur la Croix. Jésus aura bien du mal à faire admettre ces mystères de notre salut. Un jour ou l'autre nous sommes tous des Nicodème: «Mais comment cela peut-il se faire ? »

 

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